SE LOGER À BORDEAUX : L’OFFRE MANQUE, DES ALTERNATIVES NAISSENT
Face à la montée de la demande sur le marché de l’immobilier, les Bordelais explorent de nouvelles manières de se loger. La colocation est connue de tous, mais de nouvelles solutions émergent. Cohabiter avec un senior ou alors se lancer dans le coliving, deux approches novatrices, qui reflètent l’évolution du marché immobilier bordelais.
Proposer aux étudiants Bordelais de cohabiter avec une personne âgée, c’est ce que propose l’association Vivre avec. Cette alternative permet à des personnes vieillissantes de bénéficier de la compagnie d’un ou d’une jeune pour les aider dans certaines tâches du quotidien. Ou simplement pour apporter un soutien émotionnel : avoir un interlocuteur à qui s’adresser.
Michèle témoigne : “depuis le décès de mon mari, je me suis retrouvé du jour au lendemain vidé, épouvanté, au point que mes enfants ne me reconnaissaient pas.” Michèle accueille désormais chez elle Julien. Il explique avoir choisi ce mode de cohabitation pour l’avantage financier qu’il donne, mais aussi par curiosité de “tenter l’expérience de savoir ce que ça faisait de vivre avec une personne d’un certain âge.”
En effet, comme le déclare Marie, membre de l’association, la majorité des demandes concernent des étudiants qui connaissent des difficultés financières. La cohabitation intergénérationnelle permet d’être logé à un tarif plus abordable : “à Bordeaux, le loyer le plus cher avec cette solution, s’élève à 350€ par mois.” Ce loyer comprend toutes les charges : “l’accueilli a juste sa nourriture à se payer.” Les personnes accueillantes touchent cette somme dans son entièreté.
L’association Vivre avec, identifie deux types de seniors faisant appel à leurs services. D’un côté, les personnes souhaitant avoir une présence quotidienne de quelqu’un pouvant réagir rapidement en cas de problème. De l’autre, “les seniors qui ont une grande vie sociale, mais qui ont de la place chez eux, et proposent de loger car ils savent qu’il y a de la demande.”
L’association agit également sur Libourne et Arcachon. Elle existe depuis 20 ans à Bordeaux, et a mis en relation 70 binômes sur l’année 2024 dans la métropole bordelaise. La population bordelaise étant en constante expansion, les demandes grandissent en conséquence, et les solutions se diversifient.
Le coliving, une solution moins abordable, mais plus confortable.
Petit frère de la colocation, le coliving trouve de plus en plus sa place dans les grandes villes. L’agence colonies, référence du coliving en France, définit ce concept comme “une résidence spacieuse avec plus d’espaces communs pensée pour la vie en communauté.”
En clair, le coliving est basé sur le même principe que la colocation : partage et convivialité, mais avec les ennuis du quotidien en moins (ménage, accès à Internet, …). Florence, résidente d’un coliving en région Parisienne, a choisi cette alternative : “On paye 900€ de loyer, mais tout est compris, on a pas besoin de réfléchir à quoi que ce soit, on a la box, des paniers bio livrés toute les semaines.” Victor, fondateur du coliving où loge Florence, définit ce concept comme “une colocation gérée et améliorée.”
Le coliving est donc une solution un peu moins abordable destinée à une population plus aisée, et moins étudiante. Il ne fait pas baisser la facture pour se loger, mais crée tout de même une nouvelle offre de logement sur le marché.
À Bordeaux le prix des offres de coliving oscillent entre 620 et 780€ par mois. Une solution pas accessible à tous, qui contribue tout de même à soulager le marché de l’immobilier bordelais.