Banque Alimentaire de Bordeaux : une fourmilière bien rodée face à de nouveaux problèmes
Dans ses locaux du Nord de Bordeaux, la Banque Alimentaire lutte contre la précarité alimentaire en Gironde, malgré des difficultés en hausse. Elle nourrit chaque jour près de 22 800 personnes, symbole d’une solidarité sans relâche.
Dans une zone industrielle du Nord de Bordeaux, le ballet des camions de livraison anime l’entrepôt de la Banque Alimentaire de Gironde. Le va et vient des chariots élévateurs, la grisaille des lieux, le froid de décembre, plongent dans une ambiance morne d’usine. Les néons blancs, baignent l’énorme entrepôt de 3000 m² d’une lumière artificielle, des bénévoles en gilets orange de tout âge, circulent avec énergie, entre les étagères immenses où s’entassent des caisses remplies de vivres en tout genre. Dans les allées, des caisses réservées à des associations, laissent paraître bon nombre de fruits et légumes : des pommes, des bananes, des tomates. Le lieu incarne la mission de l’association : la lutte contre la précarité alimentaire.

Intérieur de l’entrepôt de la Banque Alimentaire de Gironde, avec les bénévoles de l’association en gilet orange, Crédit : Jules Germain Formel, 17/12/2024
Malgré une ambiance familiale entre les bénévoles, les problèmes auxquels l’association est confrontée sont bien réels.
Jean-Marc, 62 ans, le visage marqué par 3 années dans l’association, raconte que ces dernières années, de nombreux supermarchés ont commencé à vendre à prix discount, les produits proches de leur Date Limite de Consommation (DLC), réduisant ainsi les dons de denrées à l’association. Par ailleurs, le doute plane sur la baisse des subventions versées par l’Etat, laissant les responsables de l’association dans l’incertitude. Ces évolutions menacent la solidarité alimentaire locale, également représentée par d’autres associations telles que Les Restos du Coeur, La Croix Rouge ou Le Secours Populaire.
Ces problématiques nouvelles, représentent un défi pour la Banque Alimentaire de Gironde et ses bénévoles, mais leur engagement reste inébranlable. Ouverte du lundi au vendredi, l’association collecte chaque année près de 5 300 tonnes de nourriture. Sur ce total, 4 100 tonnes sont redistribuées aux 127 associations partenaires, permettant d’offrir un repas quotidien à 22 800 personnes dans le département. Le reste est orienté vers la méthanisation (création de gaz par la décomposition de déchets organiques), la nourriture pour animaux d’élevage, ou alors part direction la poubelle. Une machine verte vieillie par le temps, présente à l’arrière du bâtiment, sert même à recycler les cartons reçus par l’association. La Banque Alimentaire essaye au maximum d’éviter le gaspillage, même quand il n’est pas alimentaire.
“On aimerait bien quand même que tout ça diminue pour montrer que la pauvreté recule”, dit Jean-Marc.
Avec un coût de 28 centimes par kilo pour les associations bénéficiaires, le service rendu par la Banque Alimentaire de Gironde est selon Thierry “imbattable niveau prix”. L’association reste fidèle à sa mission, elle continue de jouer un rôle essentiel dans la lutte contre la précarité, et s’adapte à un environnement en perpétuelle changement, pas simple financièrement.